Porto : ceramic city

Je n’ai que rarement eu un coup de coeur si grand pour une ville seule. D’ordinaire, c’est plutôt pour un pays, comme pour l’Italie et la Thaïlande où je me surprends presque continuellement à retourner comme on retourne chez soi. Chaque hiver, naturellement c’est en Thaïlande que je souhaite me faire masser, me baigner dans une eau cristalline, échapper au froid, manger des plats épicés et me retrouver sur une île ou une plage déserte avec un soleil qui ira jusqu’à réchauffer mon âme. Cette envie tenace d’en découvrir toujours plus, d’approfondir et de rester à chaque fois suffisamment longtemps pour prendre mes marques et m’y sentir comme une « autochtone » toujours été mon mode de voyage. Je ressens cet appel pour Porto également. Cette ville est comme un aimant qui m’attire à elle depuis la toute première fois où j’y ai mis les pieds en 2016, en coup de vent et un peu par hasard avec des amis pèlerins avec qui j’avais finis le chemin jusque Saint-Jacques. Nous étions partis en roadtrip et une seule nuit avait suffit pour me donner la conviction que j’allais y revenir.

Si la première fois j’y suis allée par un hasard fortuit, ce ne fut pas le cas la seconde fois. Je voyageais depuis quelques mois déjà et je cherchais des endroits où je pouvais prendre de l’expérience en tant qu’artiste peintre muraliste en utilisant le site de Workaway. En mai 2017,  une opportunité se présente chez celle qui est ensuite devenue mon amie Ana. Je découvre donc Porto et ses fameux Jésuites (pâtisserie typiquement portugaise dont je suis totalement fada). C’est le coup de foudre ! Comme je reste un mois cette fois-ci, je prends rapidement des petites habitudes comme si j’avais tout le temps du monde devant moi, comme si la ville allait toujours être à porter de main, à m’attendre si le coeur m’en dit. En 30 jours, j’ai suffisamment de journées pour me dire que si demain je me lève avec l’envie d’explorer, je sais que c’est possible. Finalement, je n’explore pas toujours et je me laisse au contraire porter par ce long fleuve tranquille des jours qui passent, se ressemblent sans se ressembler.

Cet été 2020 c’est un peu différent. J’y vais avec un objectif : tester le Street Market. Pour la première fois je vais vendre mes oeuvres dans la rue, avoir cette proximité avec la clientèle, voir si ça me plaît, découvrir ce qui leur plaît à eux…en quelque sorte me confronter avec la réalité du marché. Période Covid-19 oblige, il faudra bien sûr s’adapter et revoir mes ambitions à la baisse. Après tout je suis venue pour ça !

 

À Porto il y a cette lumière unique, comme si le prisme de ma vision rendait tout plus lumineux. Cela me fait le même effet lorsque je regarde dans mon moyen format argentique. On pourrait croire que les filtres Instagram y sont pour quelque chose mais je vous jure que non ! Je ne dis pas que la lumière est toujours là, mais même les jours de grisaille je m’y sens légère. À Porto, il y aussi cette brise venue de l’océan qui se transforme souvent en vent qui s’engouffre sous les jupes et fait virevolter les chapeaux. Sous la chaleur de l’été cette brise soulage et apporte ce qu’il faut de fraîcheur pour ne jamais suffoquer.

Cette endroit me donne l’impression, avec sa taille humaine, d’être une ville de tous les possibles. Beaucoup moins que sa grande soeur Lisbonne, elle n’en est que plus charmante. Sa rivière, le Douro, qui la sépare de Gaïa, où le vin de Porto dort tranquillement dans ses cuves immenses lui donne un charme paisible où ils fait bon observer ses couchers de soleil dorés où les bateaux ont des allures de navires de pirates.

Sa transformation depuis plusieurs années en destination touristique européenne incontournable a vu naître d’innombrables petits cafés et restaurants.

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